‘Mon matériau, ce n’est pas vraiment le monde’: entretien avec Michel Houellebecq

Novembre 2002. Traducteur néerlandais de Michel Houellebecq, je travaillais sur un volumineux recueil d’essais de celui-ci, quand le quotidien de Volkskrant me proposa d’aller interviewer l’écrivain pour un dossier d’entretiens avec des personnages ayant marqué l’année 2002 – l’année de la parution de Plateforme en langue néerlandaise; l’année, également, de l’attentat de Bali dont Houellebecq s’est fait le prophète malgré lui. Après avoir longtemps cherché en vain à localiser mon homme, que même son éditeur français avait perdu de vue, il m’appela depuis l’Espagne. Ayant eu la permission de l’y joindre, je me rendis donc à la côte d’Almería, dans un village naturiste quasi-désert.> Lees verder

Qui a peur de la traduction?

Qui a peur de la traduction? En tout cas pas ceux qui l’étudient de façon professionnelle, dirait-on. Toutefois, c’est le contraire qu’on se voit obligé de constater en lisant ces Actes. Il paraît en effet que la traduction en tant que telle n’est plus guère qu’un prétexte pour maint théoricien de la traduction littéraire. Si tous s’accordent pour comprendre le phénomène en question comme l’acte de rendre le même texte dans une autre langue, c’est moins sur la nature de cet acte que sur sa fonction que se concentrent les recherches actuelles. Précisons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un simple caprice: toute traduction impliquant une prise de position normative (la représentation totale de l’original étant impossible), on supposera sans peine que ce sont en dernier lieu les besoins de la culture cible qui dictent les règles du jeu – d’où la légitimité, voire la nécessité d’une approche pragmatique.… > Lees verder