Le sexe comme métaphyique : Michel Houellebecq

Ses héros s’appellent Auguste Comte et Arthur Schopenhauer. Il connaît comme personne les Pensées de Pascal. Nietzsche l’irrite, sans doute parce que c’est un concurrent trop direct. Il cite volontiers Kant aussi, sur l’immoralité du suicide par exemple : « Détruire en sa propre personne le sujet de la moralité, c’est chasser du monde, autant qu’il dépend de soi, la moralité. »

Il n’est pas exclu que Michel Houellebecq soit un romancier philosophique, un romancier qui, dans son œuvre, illustre, développe ou réfute les idées de certains grands penseurs.

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Traduire, Houellebecq

On nous dit que les traducteurs font circuler les œuvres.

Certes. Au mois de mars 2015, quittant ma retraite de l’Oberland zurichois avec vue imprenable sur le lac, celui-là même où auraient flotté les cendres de l’architecte Jean-Pierre Martin, pour me rendre au très parisien colloque Auteurs&Co, j’ai fait circuler, bien protégés dans mon sac, deux chefs-d’œuvre de la littérature française. C’est bien en ces termes que je les ai présentés aux auteurs (& co) réunis : « Deux chefs-d’œuvre de la littérature française, Du côté de chez Swann de Marcel Proust et Soumission de Michel Houellebecq.

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Désir de traduction : Alain Fleischer

Imaginez un univers romanesque où se croisent les mondes aussi divers que ceux d’un Kafka, d’un Perec ou d’un marquis de Sade, le tout hanté par le fantôme d’une Europe centrale baroque et grotesque. Alain Fleischer en a ouvert la voie avec un recueil de nouvelles, La femme qui avait deux bouches, pour mieux l’exploiter et le développer ensuite dans une série de romans étonnants. Troisième venu dans cette suite, Les Ambitions désavouées n’en est pas le moins ambitieux. Nous nous retrouvons, avec son héros, Léo Tigerman, dans une forêt tropicale qui, avec son sentier traçant sa route à travers les cimes des arbres et son chemin de fer poussé dans les airs, est tout aussi fantastique que la femme aux deux bouches, sans toutefois jamais quitter le monde réel : l’utopie est une ironie, la fantaisie un miroir.

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Portrait: Martin de Haan, activiste de la traduction

Peu de traducteurs sont uniquement traducteurs, beaucoup sont aussi écrivains, blogueurs, critiques… Martin de Haan, président du CEATL et traducteur de Proust, Kundera, Echenoz et Houellebecq en néerlandais est tout cela à la fois, et bien plus encore. Un portrait par Camille Bloomfield.

Paradoxalement, une somme comme La Recherche du temps perdu, loin de faire peur, ne cesse de susciter de nouvelles versions en langue étrangère – chez les plus fous ou les plus passionnés des traducteurs, c’est selon.

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La mise à distance du monde: entretien avec Michel Houellebecq

Auteur de cinq romans aux titres abstraits et mystérieux, dont Les Particules élémentaires et Plateforme, Michel Houellebecq a profondément marqué la littérature française des quinze dernières années par son réalisme brutal et son lyrisme sévère. Dans un entretien avec son traducteur néerlandais attitré, Martin de Haan, il parle librement de son dernier roman, La Carte et le territoire, prix Goncourt 2010.

Dans notre entretien d’Almería de 2003, nous avons beaucoup parlé de la représentation du monde. Je te cite : «Mon matériau, ce n’est pas vraiment le monde.

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La grande Pléiade de Milan Kundera

Lire Milan Kundera, c’est lire l’histoire du roman – c’est-à-dire l’histoire de l’art du roman, car lui-même ne se lasse pas de souligner que le roman n’est pas un simple genre littéraire parmi d’autres, mais un art autonome, indissolublement lié à la modernité occidentale et qui se distingue par l’attention particulière qu’il porte à l’existence concrète de l’homme dans le monde. Tout roman digne de ce nom est alors la découverte d’un pan d’existence jusque-là dissimulé, et l’histoire du roman, l’histoire de ces découvertes.

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