Hôtel de Lourdes, Oostakker

Op 10 juli 2021 vond in Hôtel de Lourdes, Oostakker,  en ter gelegenheid van de Nijhoffprijs 2021, een feestmaal plaats, aangeboden door de laureaat aan enkele vrienden en getrouwen. Bij die gelegenheid stak de Franse vertaler Daniel Cunin onderstaande tafelrede af. Bij wijze van vormdwang verwerkte hij een dertigtal door R.H. vertaalde titels in zijn tekst. Katrien Vandenberghe vermeerderde in haar Nederlandse vertaling dat aantal nog eens met een half dozijn. Hieronder beide versies van die tafelrede.

 

 

Pour Rokus Hofstede

Aujourd’hui, grâce à Rokus, nous renouons, dans cet espèce d’espace, avec une vieille tradition, celle des banquets célébrant tout autant la littérature qu’une personne ou une parution donnée.

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Forme ou vent : TRAMUNTANA

Le noir : absence de lumière. Si photographier veut dire écrire avec la lumière, c’est donc sur la page noire que ça commence. S’y tracent alors – dans le temps, c’est-à-dire dans le mouvement, si infime qu’il soit – des formes et des tons.

C’est dans la nuit (qu’elle soit réelle ou « américaine ») et ses lisières que le désir de naître, la lutte entre forme et vent, sont palpables pour l’œil humain. On devine, on essaye de mieux voir, une image potentielle se dessine.

Cette série, réalisée sous l’aimable direction de Richard Dumas, est ma troisième avec Eyes In Progress qui porte bien son nom.

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Un déluge antédiluvien: traduire Roorda

‘La pluie remonte à la plus haute antiquité1.’ Note en bas de page : ‘1 Je prie le lecteur de bien vouloir excuser cette pluie qui « remonte » (N.d.A). (Henri Roorda, ‘Le parapluie’, in : Le Roseau pensotant, 1923)

Qui se targue de traduire Henri Roorda, quelle que soit sa langue-cible, doit se préparer à jouer sur les mots. Roorda, Lausannois d’ascendance néerlandaise (1870-1925), prof de mathématiques et pédagogue rebelle, auteur pessimiste et facétieux à la langue ‘délicieusement impromptue et primesautière’ (Edmond Gilliard), a écrit durant une petite décennie des chroniques dans des journaux comme La Gazette de Lausanne et La Tribune de Genève.

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Bruno Latour: hybridité stylistique et ‘metaxu’ traductive

Un sujet hybride

Face à Gaïa peut se résumer comme la confrontation de l’oeuvre de Latour, telle qu’elle s’est développée depuis la fin des années ’70, à deux concepts scientifiques nouveaux : ‘L’hypothèse de Gaïa’ et l’Anthropocène – ou, mieux, par l’assimilation dans cette oeuvre de ces deux concepts. Le travail de Latour a été surtout remarqué par ses recherches novatrices en sociologie des sciences; on lui associe les ‘Science Studies’ (appelées aussi parfois ‘Sciences, technologies et sociétés’, Science and Technology Studies) , et la ‘Sociologie de la traduction’ ou ‘Théorie de l’acteur-réseau (ANT) (dans laquelle le concept d’acteur s’étend aux non-humains et aux discours).

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Traduire Bruno Latour en langues germaniques: petit tour d’horizon de quelques particularités syntaxiques et sémantiques dans ‘Face à Gaïa’

[…] Ici, je voudrais insister sur une difficulté propre à la traduction du français en néerlandais qui dans les présentes conférences latouriennes nous place devant un défi continu, concernant notamment le traitement de la phrase, de la façon de dire et de penser d’une langue à l’autre, où se présente une différence essentielle entre d’une part les langues romanes mais aussi l’anglais, et d’autre part le néerlandais et l’allemand (pour faire court, et même si le phénomène est donc plus large que ça, je présenterai la question comme une opposition FR – NL). En français, par exemple dans cette même phrase que je suis en train de produire, le sujet et le verbe se mettent généralement plus ou moins en tête de la phrase, et cela également dans la phrase subordonnée, ce qui a le mérite d’être extrêmement clair, car le sujet et le verbe contiennent quand même le cœur de la phrase.

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Le sexe comme métaphysique : Michel Houellebecq

Ses héros s’appellent Auguste Comte et Arthur Schopenhauer. Il connaît comme personne les Pensées de Pascal. Nietzsche l’irrite, sans doute parce que c’est un concurrent trop direct. Il cite volontiers Kant aussi, sur l’immoralité du suicide par exemple : « Détruire en sa propre personne le sujet de la moralité, c’est chasser du monde, autant qu’il dépend de soi, la moralité. »

Il n’est pas exclu que Michel Houellebecq soit un romancier philosophique, un romancier qui, dans son œuvre, illustre, développe ou réfute les idées de certains grands penseurs. Nombre d’éléments plaident en ce sens : la présence évidente de thèmes et de concepts philosophiques dans ses romans, l’aplomb avec lequel il énonce des vérités universelles et, bien sûr, les réactions du public à son œuvre, tout aussi péremptoires et immanquablement exprimées dans les termes très catégoriques (et philosophiques) du vrai et du faux, du bien et du mal.

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