Hôtel de Lourdes, Oostakker

Op 10 juli 2021 vond in Hôtel de Lourdes, Oostakker,  en ter gelegenheid van de Nijhoffprijs 2021, een feestmaal plaats, aangeboden door de laureaat aan enkele vrienden en getrouwen. Bij die gelegenheid stak de Franse vertaler Daniel Cunin onderstaande tafelrede af. Bij wijze van vormdwang verwerkte hij een dertigtal door R.H. vertaalde titels in zijn tekst. Katrien Vandenberghe vermeerderde in haar Nederlandse vertaling dat aantal nog eens met een half dozijn. Hieronder beide versies van die tafelrede.

 

 

Pour Rokus Hofstede

Aujourd’hui, grâce à Rokus, nous renouons, dans cet espèce d’espace, avec une vieille tradition, celle des banquets célébrant tout autant la littérature qu’une personne ou une parution donnée.… > Lees verder

Un déluge antédiluvien: traduire Roorda

‘La pluie remonte à la plus haute antiquité1.’ Note en bas de page : ‘1 Je prie le lecteur de bien vouloir excuser cette pluie qui « remonte » (N.d.A). (Henri Roorda, ‘Le parapluie’, in : Le Roseau pensotant, 1923)

Qui se targue de traduire Henri Roorda, quelle que soit sa langue-cible, doit se préparer à jouer sur les mots. Roorda, Lausannois d’ascendance néerlandaise (1870-1925), prof de mathématiques et pédagogue rebelle, auteur pessimiste et facétieux à la langue ‘délicieusement impromptue et primesautière’ (Edmond Gilliard), a écrit durant une petite décennie des chroniques dans des journaux comme La Gazette de Lausanne et La Tribune de Genève.… > Lees verder

Bruno Latour: hybridité stylistique et ‘metaxu’ traductive

Un sujet hybride

Face à Gaïa peut se résumer comme la confrontation de l’oeuvre de Latour, telle qu’elle s’est développée depuis la fin des années ’70, à deux concepts scientifiques nouveaux : ‘L’hypothèse de Gaïa’ et l’Anthropocène – ou, mieux, par l’assimilation dans cette oeuvre de ces deux concepts. Le travail de Latour a été surtout remarqué par ses recherches novatrices en sociologie des sciences; on lui associe les ‘Science Studies’ (appelées aussi parfois ‘Sciences, technologies et sociétés’, Science and Technology Studies) , et la ‘Sociologie de la traduction’ ou ‘Théorie de l’acteur-réseau (ANT) (dans laquelle le concept d’acteur s’étend aux non-humains et aux discours).… > Lees verder

Traduire Bruno Latour en langues germaniques: petit tour d’horizon de quelques particularités syntaxiques et sémantiques dans ‘Face à Gaïa’

[…] Ici, je voudrais insister sur une difficulté propre à la traduction du français en néerlandais qui dans les présentes conférences latouriennes nous place devant un défi continu, concernant notamment le traitement de la phrase, de la façon de dire et de penser d’une langue à l’autre, où se présente une différence essentielle entre d’une part les langues romanes mais aussi l’anglais, et d’autre part le néerlandais et l’allemand (pour faire court, et même si le phénomène est donc plus large que ça, je présenterai la question comme une opposition FR – NL). En français, par exemple dans cette même phrase que je suis en train de produire, le sujet et le verbe se mettent généralement plus ou moins en tête de la phrase, et cela également dans la phrase subordonnée, ce qui a le mérite d’être extrêmement clair, car le sujet et le verbe contiennent quand même le cœur de la phrase.… > Lees verder

Approches de Proust (fragment)

[…]

Conclusion : une traduction rapprochée

D’après Antoine Compagnon, la grande originalité de Proust est que son roman peut se lire à la fois comme un roman du XIXe siècle et comme le premier anti-roman, ou méta-roman, théorisant sur son propre déroulement. Dans cette perspective, la modernité de la Recherche ne tient pas tant aux thèmes qui y sont abordés, qu’à la conscience mobile qui s’y manifeste dans une pluralité de points de vue narratifs ambigus et relatifs. C’est cette conscience mobile qui assure la richesse du style, concept que Proust a joliment décrit en 1913 comme « la qualité d’une vision », et dans un célèbre passage du Temps retrouvé, comme « la révélation de la différence qualitative qu’il y a dans la façon dont nous apparaît le monde ».… > Lees verder

Cripplewood / Kreupelhout, J.M.Coetzee

Cripplewood.omslagKreupelhout n’est pas du bois mort. Bois mort, deadwood: dans la mythologie du Far West américain, la ville des espoirs décus où tous les chemins finissent. Le kreupelhout, au contraire, est vivant. Comme tous les arbres, le kreupelhout aspire au soleil; mais quelque chose dans ses gènes, un mauvais héritage, un poison, tord son ossature.
En anglais comme en néerlandais, il y a un embrouillamini lexical autour des mots kreupelhout – kromhout / cripplewood – gnarlwood (gnarles, knurled, knarled: le même mot dans différentes variantes):
(1) kreupel – kruipen / creep – crouch – crutch (kruk)
(2) gnarl < gnarled, snarled (knotted) / knoers < knoestig
(3) snarl: (1) a snare (trap), (2) a tangle, knot (of hair) / knoop: knobbel, kwast (knoest), kluwen
Le kreupelhout qui ne peut se redresser, qui croît courbé, accroupi; dans les membres desquels nous découpons des béquilles (crutches) pour ceux qui ne savent que ramper (creep); arbre étêté (knotted), noueux (gnarled), galeux (snarled).… > Lees verder